LE CORPS SOUFFRANT

Prix: 20,00 €
Référence: 9782357673380
Le Corps souffrant de Marie-José Laperche-Fournel

Marie-José LAPERCHE-FOURNEL

Dire la maladie dans quelques écrits du for privé en Lorraine, au XVIIIe siècle

L’histoire de la maladie fut longtemps celle de la médecine, de ses héros et de leurs exploits, mais dès les années 1970-1980, grâce entre autres à Jacques Revel, Jean-Pierre Peter ou Roy Porter, un renversement radical de perspective a invité l’historien à prendre en compte le vécu de la maladie plutôt qu’à se complaire dans l’analyse du discours médical, dans l’histoire des maladies ou les biographies de soignants célèbres. Depuis, les travaux se sont multipliés à partir des récits de malades ou de leurs proches, car ce nouvel angle d’attaque donne une place centrale à l’individu mais également aux sources qui en parlent, c’est-à-dire à ces écrits du for privé — journaux, mémoires, livres de famille, correspondances intimes… — qui suscitent, surtout depuis l’aube des années 2000, un nouvel engouement. Sources non médicales, ces écritures privées sont ici privilégiées,  telles les lettres qu’Élisabeth-Charlotte d’Orléans, duchesse de Lorraine, adresse à son amie la marquise d’Aulède entre 1715 et 1738. Une importante correspondance que complète heureusement l’analyse de quelques livres de familles incontes-tablement moins bavards mais rédigés par quelques apparentés Marcol qui, peu ou prou, appartiennent au milieu de la Robe nancéienne. Des textes à la première personne, auxquels ce travail fait la part belle, qui procèdent à une mise en récit de la maladie, mettent l’accent sur l’expérience subjective du malade et de ses proches et donnent accès aux parcours de santé de quelques individus appartenant, certes, à une frange restreinte de la population, les « gens de qualité »,  mais les seuls, en Lorraine, à avoir laissé, pour le bonheur de l’historien, quelques traces  écrites… Autant de regards que l’individu porte sur son corps malade ou le corps souffrant de l’autre qui, à travers l’écrit, révèlent les façons dont la maladie est dite, vécue, interprétée et les représentations qu’on s’en fait.  Histoire du corps malade, cet ouvrage esquisse aussi une histoire de la relation thérapeutique, car au fil du récit s’expriment parfois les attentes du malade, de ses proches vis-à-vis du soignant et des soins prodigués ; les parcours de santé individuels étant, comme il se doit, restitués dans le tissu de leur environnement familial et social  et les narrations privées confrontées aux discours médicaux ambiants. Car la maladie, nul besoin désormais de le démontrer, est socialement et culturellement construite.


Format : 16 x 24 cm / 184 pages

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L'auteure

Maître de conférences honoraire en histoire moderne, spécialiste d’histoire sociale et culturelle, Marie-José Laperche-Fournel, outre une vingtaine d'articles, est l’auteure de plusieurs ouvrages : La Population du duché de Lorraine, de 1580 à 1720 ; L'Intendance de Lorraine et Barrois à la fin du XVIIe siècle ; Scandale à la cour de Lunéville, l’affaire Alliot, 1751-1762 ; Les Gens de finance au temps du duché de Lorraine ; La Représentation du massif vosgien (1670-1870). Entre réalité et imaginaire ; La Plume et le Glaive. Les avocats nancéiens, le droit et la littérature dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et Histoire de vie, récit de vie. Une famille de robe nancéienne au XVIIIe siècle, les Marcol (PRIX LITTÉRAIRE LORRAIN GEORGES SADLER 2020).

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